Au Mali, quand les animaux dansent
Le parcours de l'exposition
Un spectacle total
En 1878, le géographe Paul Soleillet, voyageant au Mali, passant devant le village bambara de Mognogo, interrompt sa route « pour voir Guignol ! Une tente carrée en étoffe rayée blanc et bleu est installée sur une pirogue à deux pagayeurs, une tête d’autruche emmanchée d’un long cou s’avance sur le devant ; elle se dresse, s’allonge, s’abaisse, se raccourcit, tourne à droite, tourne à gauche d’un air d’attente curieuse et inquiète ; puis deux marionnettes surgissent du milieu de la tente… »
Les tònw
L’exposition introduit d’abord le sogo bò et les associations par classes d’âge, dites tònw, qui coordonnent les fêtes. Les associations par classes d’âge, dites tònw, rassemblent tous les jeunes d’un village dès l’âge de dix ans.
Le Niger, source de vie
Pour les populations qui le bordent, le Niger est porteur de vie par son limon et l'irrigation nécessaire aux cultures, par sa richesse en poissons et gibiers d'eau. Demeure aussi le souvenir des temps anciens, ceux de la chasse aux crocodiles, aux hippopotames et aux lamantins.
Pour les grandes manifestations sur le fleuve, Bozo et Somono font défiler de nombreuses pirogues, manœuvrées à la perche, chargées de masques montés sur castelets.
À l’appel des tambours
Bien avant l’heure, les tambours battent l’appel des spectateurs. Tous les villageois ont été prévenus de l’évènement et ont invité des parents, des amis, des hôtes de passage. En habit de fête, chacun se hâte vers le lieu où les masques vont défiler, danser.
À l’abri des regards
Si le sogo bò est profane et public, sa préparation est quant à elle secrète. Pour préserver le mystère (dobò), personne, hormis les porteurs de masques, ne peut assister au montage des sogow. De même les masques ne doivent pas être vus avant leur entrée sur la place publique ou sur les pirogues.
Le jour et la nuit
L’ordre de sortie des masques, jadis réglementé, n’est plus immuable. En une nuit, une quinzaine de sogow peuvent se succéder. Mais il est difficile d’en établir l’ordre précis, entre le « rang » traditionnel et la pratique d’aujourd’hui où certains masques de nuit se manifestent de jour.